Adoptée dans le cadre de la loi de finances 2026, la réforme de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel - la fameuse TAEMUP - fait beaucoup parler dans le monde de la plaisance. Barème, franchise, âge du bateau : voici, sans jargon administratif, ce qui change et ce que ça implique pour les propriétaires.

Bateau de plaisance en Méditerranée - Sud Plaisance

La TAEMUP concerne chaque bateau de plaisance armé pour un usage personnel.


TAEMUP : de quoi parle-t-on ?

La TAEMUP est la taxe annuelle due pour chaque engin maritime de plaisance armé pour un usage personnel. La réforme, présentée comme une mesure de simplification et de verdissement, a finalement été introduite par amendement au Sénat. Elle modifie la façon de calculer la taxe, désormais très liée à la puissance et à l'âge du bateau.


Comment se calcule la taxe

Le nouveau calcul repose sur la puissance administrative (PA), c'est-à-dire la somme des puissances administratives de tous les moteurs de propulsion. Pour un moteur thermique, elle correspond à la cylindrée (en litres) multipliée par un coefficient, le résultat étant arrondi à l'unité inférieure. À cette PA s'applique ensuite un barème, puis d'éventuelles minorations selon l'âge du bateau.


Le rôle clé de l'âge du bateau

C'est le point à bien comprendre : plus votre bateau est ancien, plus la taxe est allégée. Attention, la date retenue est l'année de construction, et non l'année de première immatriculation.

Année de construction Minoration Part de taxe due
Avant le 1er janvier 1993 -80 % 20 %
1993 – 1997 -55 % 45 %
1998 – 2007 -33 % 67 %
À partir de 2008 Aucune 100 %

La franchise des petits moteurs

💡 Une franchise de 5 CV sous les 100 CV

Lorsque la puissance administrative totale est inférieure à 100 CV, une franchise de 5 CV est appliquée. Autrement dit, les petites motorisations sont mécaniquement moins touchées que les grosses unités. Un point utile à garder en tête au moment de choisir un bateau.

À retenir

Puissance + âge = votre taxe

Deux curseurs déterminent le montant : la puissance administrative de vos moteurs, et l'année de construction de la coque.


Ce qu'en dit la filière

La réforme ne fait pas l'unanimité. La Confédération du Nautisme et de la Plaisance (CNP) et la Fédération des Industries Nautiques (FIN) ont alerté conjointement, estimant que le texte, adopté sans réelle concertation, ne répond ni à l'objectif de simplification affiché, ni aux ambitions environnementales avancées. Le débat reste ouvert, et des ajustements ne sont pas exclus. Pour certains plaisanciers, cette évolution renforce d'ailleurs l'intérêt des formules d'usage comme la location ou l'abonnement, qui n'entraînent pas cette taxe.

Ce qu'il faut vérifier sur votre bateau

La puissance administrative de tou(s) vos moteur(s)
L'année de construction de la coque (pas l'immatriculation)
Le seuil des 100 CV et la franchise de 5 CV
Votre catégorie pour anticiper le montant annuel


Le conseil de Sud Plaisance

« Au moment d'acheter, on regarde souvent le prix du bateau et le carburant, rarement la fiscalité. Or, entre deux modèles, la puissance et l'année de construction peuvent faire une vraie différence sur la taxe annuelle. Mon conseil : intégrez ce paramètre dès le départ. On est là pour aider chaque client à faire le bon calcul avant de signer. »
Matis

Matis

Conseiller nautique - Sud Plaisance Marseille

Source : décryptage ActuNautique, 2026. Article informatif ; il ne se substitue pas au barème officiel. Vérifiez votre situation auprès de l'administration ou de votre conseiller.